Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ?
Il faut reconnaître et admettre des cas où le mystère derrière la souffrance reste opaque La souffrance reste parfois incompréhensible, sans explication. Ce que Dieu veut, ce n’est pas nous donner forcément les réponses, mais c’est nous rencontrer. Si nous y réfléchissons, quand nous souffrons, l’essentiel n’est pas de savoir pourquoi, même s’il est légitime de se le demander, l’essentiel est d’être assurés que nous sommes dans la main d’un Dieu Tout Puissant, mieux encore, d’un bon berger. Quand un automobiliste est victime d’une grave collision, bien sûr, il peut souhaiter savoir comment l’accident s’est produit, qui en est responsable, quels en sont les témoins, etc. Tout cela ne manque pas d’intérêt. Mais ce qui lui importe avant t out, c’est qu’une ambulance se trouve sur les lieux et qu’il puisse être confié rapidement aux mains d’un bon chirurgien qui remettra en état ses membres abîmés.
Les enfants, demandent inlassablement : « pourquoi ? » à propos de tout et de rien. C’est normal et cela prouve qu’ils réfléchissent. Mais parfois, à leur question les parents sont obligés de répondre : « parce que », sans rien ajouter de plus. L’enfant n’aime pas ce genre de réponse. Mais indépendamment du fait que c’est pour eux un bon exercice que d’apprendre à faire confiance à leurs parents, même sans comprendre, bien souvent ils ne seraient pas en mesure de comprendre toutes les explications qu’ils sollicitent, si on les leur fournissait. Allez donc faire un cours d’informatique à un enfant à propos d’un ordinateur ! « Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras plus tard.» (Jn.13.7) A plus forte raison, devons-nous prendre notre parti du fait que dans les voies de Dieu, il y a parfois des éléments qui nous dépassent. « Les choses cachés sont à l’Eternel, les choses révélées sont à nous et à nos enfants afin que nous les pratiquions. » (Dt.29.29) Ce n’est pas là une attitude de résignation, mais un acte de foi qui fait que nous nous inclinons devant la souveraineté de notre Dieu, en lui disant ce que Jésus à dit à Gethsémané : « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Mat.26.39) C’est la leçon que Marthe et Marie, sœurs de Lazare ont dû apprendre. Quand Jésus arrive chez elles, il est trop tard, leur frère est mort. Alors l’une des deux dit à Jésus cette parole : « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.» (Jn.11.21) Tu l’aurais certainement guéri ! Mais Jésus n’était pas là, il se trouvait à des dizaines de kilomètres de là. Pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir fait chercher. En effet, quelques jours auparavant, alors que leur frère est bien malade, dans leur peine et par personnes interposées, elles interpellent Jésus en lui disant : « celui que tu aimes est malade ». Ah ! Comme elles connaissaient bien son cœur aimant. Pourtant Jésus tarde à venir les secourir et les choses s’aggravent. Lazare s’affaiblit de plus en plus. Comme ils ont dû être pénibles ces jours et ces nuits au chevet de leur frère. Que de fois les sœurs ont dû jeter un regard vers la porte ou scruter l’horizon, ou tendre l’oreille pour déceler le bruit de son pas. Le grand silence a répondu. Comme ils sont éprouvants les silences de Dieu.Alors les sœurs se sont peut-être interrogées :
Jésus serait-il ignorant de notre peine ?
Impossible, tel que nous le connaissons, il sait tout, même les pensées de ses ennemis, et puis ne l’avons-nous pas informé de nos difficultés ? Jésus se sentirait-il impuissant ? Mais que de miracles n’a-t-il pas opéré dans les villes d’Israël ! Alors pourquoi cette absence du Maître ? Lazare s’affaiblit toujours plus, et puis c’est le dernier soupir. Tristesse, déception, douleur, colère peut-être s’entremêlent. Il faut l’ensevelir. Après quatre jours, voilà le Maître qui arrive. Trop tard ; les deux sœurs iront à sa rencontre sur le chemin et diront toutes les deux : « Seigneur si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.» Certes, elles ont raison. La présence et l’intervention de Jésus auraient changé le cours des circonstances. Mais il y a dans ces paroles l’étroite limite des raisonnements humains, des leurs et des nôtres. Non, le Dieu de la Bible n’est ni indifférent, ni ignorant, ni impuissant, mais il a d’autres plans, d’autres pensées qui sont hors de notre portée. Nos raisonnements ne sont pas les siens. Nous aimerions des délivrances à tout prix, lui veut se révéler à nous ! Ainsi nous pouvons affirmer une première chose, à savoir que la souffrance est un moyen pour Dieu de montrer sa puissance et de se glorifier. Lorsque les sœurs de Lazare, envoient quelqu’un avertir Jésus que leur frère est malade, sous entendant sa venue au plus vite, Jésus répond : « Cette maladie n’est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.» (Jn.11.4)
Nous, nous jugeons des faits à l’échelle d’une journée, d’une année, et parfois d’une vie. Nous mesurons à l’échelle de la vie humaine et non à celle de l’éternité. La vie terrestre dure le temps d’une piqûre, l’important, c’est la santé qui suivra. Même si une vie de souffrance peut être extrêmement longue à endurer, cela reste, pour l’enfant de Dieu un passage d’une durée incomparable à celle de l’éternité. C’est l’espérance de celui qui a placé sa confiance en Jésus-Christ. Celui-ci n’a-t-il pas répondu à Marthe, sœur de Lazare : « je suis la résurrection et la vie ! » (Jn.11) Paul nous fait comprendre que le meilleur est à venir.
« Car j’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées
avec la gloire à venir qui doit nous être révélée.» (Rom 8,18)