D’où vient la souffrance ?
Dans le livre de la Genèse, nous voyons que, dans le monde parfait, crée par Dieu, la souffrance est absente « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, c’était très bon. Ainsi, il y eu un soir, et il y eu un matin, ce fut le sixième jour » (Gen.1). Et si nous passons au dernier livre de la Bible, l’Apocalypse nous lisons que, dans le monde nouveau que Dieu recréera, après le jugement de l’humanité, toute souffrance disparaîtra : « Voici le Tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » (Ap.21.4).
Nous pouvons affirmer que la souffrance n’apparaît donc que dans cette partie de l’histoire où nous sommes, c’est-à-dire dans l’époque où le monde est gouverné par l’homme, un homme qui a largement pris ses distances par rapport à Dieu. Lorsque Adam et Eve désobéissent, la conséquence c’est la souffrance : « Il dit à la femme : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses. C’est dans la douleur que tu mettras des enfants au monde. Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. Il dit à l’homme : « Puisque tu as écouté ta femme et mangé du fruit au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : ‘Tu n’en mangeras pas’, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. Il te produira des ronces et des chardons, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière. » (Gen.3.16-19.)
Que peut-on en conclure ? Que Dieu n’est pas l’auteur, ni le ‘créateur’ de la souffrance. C’est une bonne nouvelle ! En effet, l’homme n’a pas été créé par Dieu pour souffrir : « je connais les projets que j’ai formé sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance.» (Je.29.11)
Si Dieu se sert de la souffrance et des épreuves pour notre bien, la Bible nous montre que la souffrance et les épreuves sont surtout l’instrument d’une autre personne, Satan, qui l’utilise dans son but initial : le mal ! Dans le livre de Job, nous voyons comment il s’acharne à détruire la confiance que Job a en Dieu, justement par la souffrance. Nous reviendrons sur Job un peut plus tard pour voir comment il a pu rester debout. C’est encore le but que poursuit le diable aujourd’hui, détourner l’homme de Dieu. Car détourner une personne de Dieu c’est faire échouer son plan d’amour et de salut pour elle.
La Bible montre donc clairement, dès ses premières pages, que dans la majorité des cas, la souffrance est la conséquence du péché. Certains auteurs estiment même que dans 80% (CS.Lewis) à 95% (Hught Silvester) des cas, la souffrance est liée au comportement humain. Tout comme la mort et la maladie, la souffrance est d’abord la conséquence du péché en général. La Bible est claire à ce sujet. Mais la souffrance peut-être aussi la conséquence directe de certains péchés particuliers, le nôtre ou celui des autres. Elle est le résultat direct de certains comportements humains tels la violence, les dépendances, l’immoralité, la cupidité, qui ont des effets destructeurs sur ceux qui en usent et abusent, mais aussi sur leurs victimes.« Oui, la souffrance et l’angoisse attendent tout homme qui pratique le mal.» (Rom.2.9)
Dieu a choisi de permettre aux hommes et aux femmes de moissonner ce qu’ils ont semé, pour les aider à apprendre une leçon, à savoir que le péché produit la souffrance. (B.Graham)
Mais la souffrance particulière n’est pas nécessairement, ni toujours, le résultat d’un péché particulier. Car la Bible montre qu’il y a deux autres sources à la souffrance : Dieu et Satan. Pour le premier, Dieu, je pense plus particulièrement au cas d’un homme dans l’Ancien Testament qui s’appelait Jaebets. (lire 1 Ch.4.8-10). Son nom signifie cause de souffrances, parce que sa mère l’a enfanté avec beaucoup de douleur ! Nom difficile à porter, vous en conviendrez ! Mais cet homme était-il responsable ? Non bien sûr. Nous avons ici à faire à la souveraineté mystérieuse de Dieu que nous ne comprenons pas toujours. Et si nous acceptons par la foi cette réalité, c’est que nous aurons compris et accepté que Dieu dirige toutes choses. Et que comme le dit l’évangile : « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom.8.28), sous entendu de ceux qui lui font confiance. C’est un acte de foi. Mais comprendre Sa souveraineté ne veut pas automatiquement dire que je suis d’accord avec où que je la comprends. Jaebets aurait pu se dire que de toute façon, avec le nom qu’il porte, ça ne peut pas être autrement : c’est le fatalisme. Attention à ces liens qui empêchent la foi de s’épanouir. Jaebets n’a pas baissé les bras et a crié à Dieu. Et sa prière a été exaucée.
Une autre source de souffrance vient de Satan lui-même. Dans le cas de Job, nous lisons que Dieu laisse Satan s’acharner contre cet homme pour le contraindre à abandonner sa confiance en Dieu. Et le diable ne lésine pas sur les moyens ! Il détruit tout ce qui fait la joie de Job : sa famille, ses biens matériels et sa propre santé. Mais Job résiste et dit : « L’Eternel a donné, l’Eternel a ôté, que le nom de l’Eternel soit béni » (Job 1.21). Pourtant les souffrances qu’il endure sont insupportables : « Oh! s’il était possible de peser ma douleur, et si toutes mes calamités étaient sur la balance, elles seraient plus pesantes que le sable de la mer; voilà pourquoi mes paroles vont jusqu’à la folie » (Job 6.2-3). « Mon corps se couvre de vers et d’une croûte terreuse, ma peau se crevasse et se dissout. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’évanouissent: PLUS D’ESPERANCE ! » (Job 7.5-6). Il en arrive donc à souhaiter et demander la mort : « Innocent, je le suis; mais je ne tiens pas à la vie, je méprise mon existence » (Job 9.21).
Nous sommes tous concernés par la souffrance, mais pas tous égaux devant elle.
Certaines personnes sont relativement épargnées tandis que d’autres se débattent, parfois leur vie durant, dans un océan de larmes. La souffrance frappe autour de nous et elle finit par nous atteindre, un jour où l’autre. Certains souffrent ouvertement, d’autres en silence. Nous devons admettre que l’épreuve et la souffrance nous posent des difficultés. Nous sommes désemparés, par exemple, devant la souffrance ou la perte d’un enfant. Que ce soit par la maladie, un accident, un suicide ou la perversité des hommes, nous avons du mal à accepter ce qui fait souffrir les enfants. Cependant, le cancer, le Sida, la violence au quotidien, les guerres proches ou lointaines, nous interpellent tout autant.
Le message de la Bible montre que la souffrance a un sens, une signification qu’il nous faut découvrir. La souffrance devient en quelque sorte le porte voix de Dieu. Honoré de Balzac : « Le malheur fait dans certaines âmes un vaste désert où retentit la voix de Dieu ». Mais réfléchissons un peu. Existe-t-il un autre langage que nous soyons prêts à écouter que celui de la souffrance ? C’est parfois le seul moyen que Dieu a, pour nous obliger à réfléchir aux questions essentielles de notre existence et à la manière dont nous la vivons : « Dieu sauve le malheureux dans sa misère, et c’est par la souffrance qu’il l’avertit Job.36 :15. « Au jour du bonheur sois heureux, et au jour du malheur réfléchis.» (Ec.7.14) Quelque part, on peut dire que la souffrance devient le moment et l’endroit où Dieu nous rencontre. Victor Hugot : « La pupille se dilate dans la nuit et finit par y trouver du jour, de même que l’âme se dilate dans le malheur et finit par y trouver Dieu ». Et si l’on peut dire que c’est l’endroit où Dieu nous rencontre, c’est parce que Jésus-Christ lui-même y est entré. Dieu est venu pour remplir la souffrance, notre souffrance, de sa présence.
Si vous souffrez aujourd’hui, si vous vous sentez spirituellement bien misérables, même si votre esprit est profondément accablé, même si vous n’êtes pas pleinement conscients d’être entendus, Dieu perçoit toujours le regard confiant dirigé vers lui : « Seigneur ! Tout mon désir est devant toi, et mon gémissement ne t’est pas caché.» (Ps.38.9) C’est la propre volonté, l’orgueil, le refus de vous humilier qui peuvent vous conduire à refuser de crier à Dieu. C’était le cas des Israélites auxquels Dieu reproche : « ils n’ont pas crié à moi dans leur cœur, quand ils ont hurlé sur leurs lits.» (Os.7.14)
Il faut que vous réalisiez cette grâce que Dieu est attentif au simple fait que vous vous tourniez vers lui avec l’expression la plus élémentaire du langage. Non pas une prière élaborée, non pas des discours, mais un gémissement, un soupir. Dieu mesure la souffrance qui résulte des épreuves et aucune de vos larmes n’est inutile : elle sont si précieuses que Dieu les enregistre toutes dans son livre : « tu comptes mes allées et mes venues ; tu mets mes larmes dans tes vaisseaux ; ne sont-elles pas dans ton livre ? » (Ps.56.8)