Face au découragement

« Je suis reconnaissant envers Dieu – que je sers, à l’exemple de mes ancêtres, avec une conscience pure – lorsque sans cesse, nuit et jour, je me souviens de toi dans mes prières. Je me rappelle tes larmes et je désire te voir afin d’être rempli de joie. Je garde en effet le souvenir de la foi sincère qui est en toi. Elle a d’abord habité ta grand-mère Loïs et ta mère Eunice, et je suis persuadé qu’elle habite aussi en toi. C’est pourquoi, je te le rappelle, ranime la flamme du don de Dieu que tu as reçu lorsque j’ai posé mes mains sur toi. En effet, ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc pas honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier, mais souffre avec moi pour l’Evangile en comptant sur la puissance de Dieu. Il nous a sauvés et nous a adressé un saint appel. Et il ne l’a pas fait à cause de nos œuvres, mais à cause de son propre plan et de sa grâce, qui nous a été accordée en Jésus-Christ de toute éternité et qui a maintenant été révélée par la venue de notre Sauveur Jésus-Christ. C’est lui qui a réduit la mort à l’impuissance et a mis en lumière la vie et l’immortalité par l’Evangile, pour lequel j’ai été établi prédicateur et apôtre, chargé d’enseigner [les non-Juifs]. Voilà pourquoi j’endure ces souffrances, mais je n’en ai pas honte, car je sais en qui j’ai cru et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder le dépôt qu’il m’a confié jusqu’à ce jour-là. Prends pour modèle les saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour qui sont en Jésus-Christ » (2 Tim.1.3-13).

Lorsque l’apôtre Paul écrit à Timothée, il est en prison à Rome. Prisonnier à cause de sa foi. Il envoie ce courrier à son compagnon de route qu’il a laissé à Ephèse comme responsable de l’Eglise. Il semble à la lecture des premiers paragraphes de la lettre, que Paul aurait pu avoir eu ouï dire que Timothée n’était pas au mieux de sa forme, spirituellement parlant. Peut-être passait-il par une phase de découragement ? Le découragement n’est pas un péché mais il peut, s’il n’est pas stoppé, conduire à la désobéissance et au péché. Il y a plusieurs facteurs qui poussent au découragement:

  • – L’âpreté du combat spirituel. Le monde semble faire la sourde oreille à la prédication de l’Evangile. Il y a un aveuglement et les ténèbres semblent régner. 
  • – L’épreuve que nous subissons de plein fouet et qui a le chic de nous arrêter dans notre élan, dans nos projets. Parfois il faut revoir sa copie, à cause d’elle. Dans l’épreuve il faut savoir regarder par-dessus les nuages avec le cœur et les yeux de Dieu. C’est le regard de la foi. 
  • – La nostalgie du passé est un autre facteur de découragement. Attention donc aux années de vie chrétienne qui entraînent une lassitude et cette terrible impression que nous n’avons plus rien à apprendre ! 

Paul écrit à Timothée pour l’encourager à se rappeler de tout ce que Dieu a fait pour lui. En effet, Timothée a dû vivre une expérience extraordinaire dont Paul fait allusion en lui écrivant : « ranime la flamme du don que tu as reçue ». Timothée doit comprendre qu’il y a encore de l’espoir, les braises ne sont pas tout à fait éteintes. Il faut seulement y apporter une bûche. Mais qu’il est difficile parfois de mettre cette bûche salutaire !  – Tu n’as pas le droit, Timothée, d’éteindre ce que tu as reçu de Dieu. Ce don est en quelque sorte un point  de repère pour ce serviteur. Oui, Dieu l’a béni par ce don et il ne doit pas l’oublier. Je vous fais remarquer que Paul n’encourage pas Timothée à rechercher d’autres dons et d’autres expériences. A ce sujet, il me semble que le baptême, peut être un point de repère important dans les moments de doute et de découragement. Une “base arrière spirituelle” en quelque sorte, sur laquelle je peux revenir pour me rappeler que si je suis passé par cette obéissance, c’est que j’ai confessé le Christ et me suis engagé publiquement à le suivre. Pensons-y.

Ensuite l’apôtre rappelle à Timothée que « ce n’est pas un Esprit de timidité que Dieu nous a donné, au contraire, son esprit nous remplit de force, d’amour et de sagesse. » Lorsque le Saint Esprit vient habiter dans un nouveau cœur, il transforme cette personne pour qu’elle s’épanouisse et ressemble toujours plus à celui qui l’a sauvée : Christ. Et rien n’est plus opposé à la timidité et à la crainte des hommes que cet Esprit de Dieu, qui communique à la faiblesse naturelle d’un serviteur de Jésus-Christ quelque chose de sa puissance divine. 

« Un Esprit de force » ; on peut être courageux sans avoir de force. La force de dire non à la tentation. La force de dire non aux pensées libérales qui minimisent et annihilent l’autorité même de la Parole de Dieu. La force d’obéir aux commandements de Dieu et d’être montré du doigt. Cette force là ne peut pas venir de moi mais du S.E. Cette force là permet à l’enfant de Dieu de résister aux chants de sirènes et de lui permettre de rester ferme contre vents et marées.

« Un Esprit d’amour » ; l’amour pour Dieu bien sûr, mais aussi pour les autres. « Si quelqu’un dit j’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? »  (1 Jn. 4.20). L’amour aussi pour ceux qui nous veulent du mal : « aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maltraitent ». Cet amour-là ne peut pas venir de moi mais bel et bien du S.E.  Et enfin « un esprit de sagesse » ; sagesse dans les décisions de ma vie, sagesse dans le discernement des esprits, sagesse dans mon engagement au sein du Corps de Christ qu’est l’Eglise. Encore une fois, je le répète cette sagesse-là ne peut pas venir de moi mais du S.E. 

Le meilleur remède au découragement, c’est la persévérance à demeurer dans la présence de Dieu. Paul écrira aussi à Timothée cette parole : « exerce-toi à la piété ». La piété consiste à veiller sur la qualité et la fréquentation des relations que nous entretenons avec le maître (par la prière, la lecture de la Bible, la communion fraternelle, par l’assiduité à la vie de l’Eglise locale). Le chrétien « s’exerce » c’est-à-dire qu’il fait des efforts. Oui cela ne vient pas tout seul. L’athlète qui veut remporter la médaille d’or aux jeux olympiques s’engage à fond dans une préparation intensive et soutenue, sans se mettre en peine si les débuts sont décevants et si cet entraînement est pénible. Il persévère en dépit des souffrances et des privations qu’il doit endurer : «Tous les athlètes s’imposent toutes sortes de privations, et ils le font pour obtenir une couronne qui va se détruire ; mais nous, c’est pour une couronne indestructible. Moi donc, je cours, mais pas comme à l’aventure ; je boxe, mais non pour battre l’air. Au contraire, je traite durement mon corps et je le discipline, de peur d’être moi-même disqualifié après avoir prêché aux autres » (1 Co. 9.24-27). 

Qui n’a jamais été à un moment ou un autre de sa vie découragé ? Si aujourd’hui vous passez par le découragement, ne vous laissez pas culpabiliser ni envahir par le doute. Les plus grands personnages de la Bible sont aussi passés par des moments difficiles. Rappelez-vous que Jésus-Christ nous a dit qu’il serait toujours avec nous sans jamais nous promettre que tout serait facile. Mais sa présence change tout !

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